Oksana Masters
Le destin d’Oksana Masters est la preuve vivante que le point de départ d’une existence ne dicte jamais sa ligne d’arrivée. Née en 1989 à Khmelnytskyï, en Ukraine, trois ans seulement après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, elle vient au monde avec de graves malformations physiques induites par les radiations : des jambes de longueurs différentes privées de péronés, des mains palmées et des orteils surnuméraires. Abandonnée par ses parents biologiques, elle passe les sept premières années de sa vie dans l’enfer des orphelinats ukrainiens, où elle subit des privations extrêmes et des violences physiques répétées. Son salut arrive en 1997 sous les traits de Gay Masters, une professeure américaine célibataire qui l’adopte et l’emmène aux États-Unis. Ce nouveau départ s’accompagne de choix médicaux radicaux : pour mettre fin à des douleurs insupportables, Oksana doit être amputée des deux jambes, la gauche à neuf ans et la droite à quatorze ans. C’est pourtant sur ces prothèses qu’elle va bâtir l’un des palmarès les plus vertigineux du sport mondial.
Sa carrière athlétique débute sur l’eau en 2002, où elle découvre l’aviron adapté. Dès 2010, elle bat des records mondiaux avant d’entrer dans l’histoire aux Jeux Paralympiques de Londres en 2012, en décrochant la première médaille de bronze américaine de l’histoire en aviron de couple mixte. Contrainte de quitter les bassins à cause d’une blessure au dos, elle refuse de s’arrêter et se réinvente sur la neige et le bitume. Athlète polyvalente par excellence, elle devient une figure de proue du ski de fond et du biathlon, récoltant une pluie de médailles d’or et d’argent lors des Jeux d’hiver de Sotchi, Pyeongchang et Pékin. Parallèlement, elle s’illustre sur les routes en para-cyclisme, prouvant que sa détermination n’a aucune limite géographique ou saisonnière. Nommée à plusieurs reprises aux ESPY Awards comme meilleure athlète féminine en situation de handicap, Oksana Masters incarne aujourd’hui une résilience absolue, transformant les traumatismes de son enfance en une quête perpétuelle d’excellence.
Écrit par Naëlle Verschoren

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